12 oct 2009
Noms communs : Açaï, baie d’açaï, baie de palmier pinot.
Nom botanique : Euterpe oleracea, famille des arécacées (palmiers).
Noms anglais : acai, amazonian palm.
Noms en langues sud-américaines : açaï,açaizeiro (Brésil), wasséï (Guyane), manaka (Surinam), murrapo (Colombie).
Nom indigène (Amazonie) :içá-çai.
Partie utilisée : baies
Habitat et origine : palmier exclusivement sud-américain (du sud de l’Amérique centrale jusqu’au nord du Brésil). Il peut mesurer jusqu’à 20 m et pousse principalement dans les terrains marécageux. Cultivé surtout au Brésil de nos jours.
Indications
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Bien que la baie d’açaï ait été consommée comme aliment par les indigènes d’Amazonie depuis l’époque précolombienne, les allégations concernant ses usages médicinaux sont relativement récentes et ne relèvent pas nécessairement d’une tradition d’herboristerie bien documentée. On lui attribue surtout des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et toniques.
L’extrait d’açaï jouit présentement d’une certaine popularité en matière de ralentissement du vieillissement, de prévention des troubles cardiovasculaires et du cancer, mais ces allégations n’ont pas encore fait l’objet d’essais sur des humains. Il est par conséquent impossible d’évaluer l’efficacité de ce fruit pour la prévention ou le traitement des maladies.
Posologie
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Les données actuelles ne permettent pas de suggérer un dosage thérapeutique.
Historique
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Avant même l’arrivée des premiers Européens en Amérique, les indigènes d’Amazonie consommaient les jeunes pousses d’açaï (coeurs de palmier). Ils appréciaient aussi ses baies rouge pourpre tirant sur le violet qui, à maturité, rappellent un peu le bleuet, la myrtille ou encore la baie du sureau. Les fruits de l’açaï sont relativement riches en protéines, en glucides et en matières grasses. Comme certains de leurs constituants se dégradent très rapidement après la récolte, les fruits étaient généralement consommés frais et on en trouvait rarement hors des lieux où la plante proliférait naturellement.
Aujourd’hui, on trouve sur le marché une poudre (extrait sec) obtenue après broyage et séchage à froid du fruit avec sa pulpe, ou encore une purée surgelée. Ces deux procédés ont permis la culture et l’exportation de l’açaï. Ainsi, dès les années 1980 et 1990, des sorbets à l’açaï et des collations « énergisantes » appelées Açaí na tigela ont fait leur apparition sur les plages brésiliennes. Ces produits sont rapidement devenus populaires auprès des surfers, des joueurs de volley-ball de plage et des sportifs en général.
En 2004, l’açaï fait l’objet d’une couverture médiatique importante aux États-Unis, notamment grâce aux apparitions à l’émission d’Oprah Winfrey du Dr Nicholas Perricone, un dermatologue qui commercialise sa propre ligne de produits et de suppléments de beauté à base d’açaï. Ce fruit est, selon lui, « l’aliment le plus nutritif au monde et le plus puissant agent antivieillissement qui soit ». Difficile de résister à la tentation, mais un examen attentif des usages traditionnels et des données scientifiques laisse perplexe : rien ne permet de se prononcer sur quelque effet thérapeutique que ce soit pour l’instant.
Recherches
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Bien que la publicité présente souvent l’açaï comme l’antioxydant le plus puissant au monde, il convient de mettre un bémol sur un tel enthousiasme. Ce petit fruit exotique est en effet une excellente source d’antioxydants, mais les données les plus récentes indiquent que sa valeur antioxydante, comparée à celle d’autres fruits, serait plutôt intermédiaire : il renfermerait davantage d’antioxydants que la goyave, la mûre, le fruit de la passion, l’orange, la pomme et l’ananas, mais moins que l’acerola, la mangue, la fraise et le raisin. Son activité antioxydante pourrait se comparer à celle de la cerise noire ou de la canneberge, par exemple, lesquelles sont moins chères1.
Valeur nutritive. Les fruits de l’açaï renferment 52 % de glucides, 8 % de protéines et 32 % de matières grasses. Parmi ces dernières on compte de l’acide oléique (gras monoinsaturé oméga-9), de l’acide linoléique (gras polyinsaturé oméga-6) et l’acide palmitique (gras saturé). Les baies d’açaï sont une bonne source de vitamine E et de fibres alimentaires. Elles contiennent aussi de la vitamine B1 et du fer. Une portion de 100 g de purée de baies surgelées contient 80 kcal.
La charge glycémique de l’açaï est faible dans la mesure, bien sûr, où on n’y ajoute pas de sucre. Plusieurs recettes et produits populaires de sorbets, smoothies, collations, boissons ou desserts à base d’açaï contiennent en effet de bonnes quantités de sucre.
Action antioxydante. La peau, la chair et le noyau des baies d’açaï renferment des phytostérols et des polyphénols. L’action antioxydante des fruits serait plus précisément attribuable aux anthocyanines et aux proanthocyanidines qu’on y trouve2-4 (voir la fiche sur les oligo-proanthocyanidines pour en savoir plus).
Un essai préliminaire a récemment été mené au Canada auprès de 12 sujets en bonne santé. Les participants ont consommé, à deux occasions différentes, un placebo inactif sous forme de capsule ou un jus contenant de l’açaï comme ingrédient principal. Le produit testé, Monavie®, contient, en moindre quantité 17 autres fruits, dont du raisin blanc, des canneberges, du kiwi, de la pomme grenade, etc. Des échantillons de sang ont été prélevés avant et deux heures après la consommation du jus. Les analyses ont montré que, par rapport à un placebo, la consommation à jeun de ce jus faisait augmenter le taux d’antioxydants dans le sang et réduisait la peroxydation des lipides, un facteur de stress oxydatif2. Toutefois, cette étude ne permet pas de conclure à une quelconque propriété de l’açaï : elle indique que le jus Monavie® est un bon antioxydant. Est-il plus antioxydant qu’un autre jus contenant plusieurs fruits et baies? Rien ne permet de le croire, puisqu’il n’y a pas eu de comparaison.
Divers. Les résultats d’essais in vitro indiquent que l’açaï pourrait avoir une action anti-inflammatoire4 et un effet protecteur contre les troubles cardiovasculaires5.
Précautions
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Attention
* Imagerie par résonance magnétique (IRM). Théoriquement, les personnes qui doivent se soumettre à un test d’imagerie par résonance magnétique devraient éviter de consommer des baies d’açaï. En effet, elles ont été employées, à titre expérimental, comme substance de contraste pour ce type d’examen médical. Elles pourraient, par conséquent, modifier les résultats de ce test.
Effets indésirables
* Aucun rapporté, sauf en cas d’allergie aux plantes de la famille des palmiers.
Interactions
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Avec des plantes ou des suppléments
* Aucune connue
Avec des médicaments
* Aucune connue
L’avis de notre nutritionniste
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Les jus de fruits exotiques comme l’açaï, le goji, le mangoustan et le noni sont associés à des vertus santé exceptionnelles par leurs fabricants et leurs distributeurs. Pourtant, il n’existe, pour le moment, que des données in vitro ou chez l’animal. Dans le cas du noni, une seule étude sur les humains, très préliminaire, a été publiée.
Le prix élevé de ces jus et l’absence, ou l’extrême rareté, des études cliniques ne justifient pas, à l’heure actuelle, leur ajout à notre alimentation. D’autant plus que nous avons déjà accès à une grande variété de petits fruits et de légumes locaux dont plusieurs ont des propriétés bénéfiques cliniquement démontrées et une valeur antioxydante élevée : bleuet, framboise, fraise, brocoli, tomate, oignon, par exemple. La meilleure fontaine de jouvence se trouve dans nos actions quotidiennes pour prendre soin de notre santé, et non dans un seul aliment.
Hélène Baribeau, diététiste-nutritionniste